DEBANDADE DANS LA II° ARMEE

Ces notes ont été écrites au jour le jour par un sous-officier appartenant au 99° Régiment d'Artillerie de Forteresse (RAF) stationné à Chémery.

Le 10 mai 1940 premiers bombardements de Cheveuges. A Chémery rien à signaler.

Le 11 mai, premières canonnades: les grosses pièces de Sedan ouvrent le feu en direction de Bouillon en Belgique.

Le 12 mai le 99-110-45 ouvre le feu sur Floing, Illy, Saint Menges. Bombardements intenses de Cheveuges, Chéhéry. Chemery est épargné quelques bombes en bordure du pays.

Le 13 mai violents bombardements, rien sur les échelons. Le Train Régimentaire se trouve depuis le 10 à la ferme Romedennes. Vers 16 heures arrivent venant de Cheveuges le capitaine Rouan, le Toubib et ses infirmiers. Ils ont l'air désemparés, c'est le commencement de la débandade. Les camionnettes sont chargées ainsi que les voitures hippomobiles en vue d'un repli. Vers 19 h nous partons direction Malmy- La Cassine (plusieurs maisons en feu, dépôt d'essence brûlé, bombes sur la route). Nous arrivons à Tourteron vers minuit et y attendons les ordres jusqu'au lendemain 8 h. Le chauffeur Rouy nous rejoint nous transmettant l'ordre de nous rendre à Belleville sur Bar, nous y arrivons le 14 mai vers 14 h. Les bombardements ne cessent pas mais toujours assez loin de nous. Nous passons la nuit à Belleville (alerte vers le milieu de la nuit, on descend sa paille à la cave).

Le 15 mai 7 heures départ de Belleville pour aller dans les bois de Beffu Le Mort-Homme. Le 15 à 21 heuresdépart pour se rendre à Liry, jusqu'à fin mai on se ballade de patelin en patelin toujours sous la menace des avions allemands.

Le 17 mai nous sommes à Sommepy, pendant toute cette période je remplis les fonctions de sous-officier adjoint à l'officier des détails du II° groupe du 99°RAF.

Le 17 mai au soir départ pour aller dans une grande ferme à Séchault. Tous ces divers cantonnements sont évacués. Les déplacements se passent la nuit sur des routes encombrées et embouteillées au possible. Nous restons 2 jours à Séchault.

Le 19 mai à 21 heures départ pour Vienne le Château.

Le 20 au soir vers 23 heures nous sommes à Montzéville. Les déplacements pour nous (Train Régimentaire) sont assez rapides avec nos camions. Nous sommes toujours au cantonnement 5 à 6 heures avant la colonne hippo. De Montzéville nous nous dirigeons vers Verdun, nous arrivons aux casernes de Thierville le 21 mai à la nuit. Nous restons à Verdun 3 jours. Nous en profitons pour faire et recevoir du courrier vers nos familles en exode.

Le 24 mai à 20 heures départ pour Rambluzin. Repos à Rambluzin jusqu'au 27 mai ensuite Seraucourt jusqu'au 31 mai.

Le 1° juin départ à la nuit pour aller dans un bois près de Cornay. De Cornay direction Longwe (y restons 1 jour) ensuite les échelons se rendent à la Croix-aux-Bois. Les batteries de tir sont dans les environs de Quatre-Champs. Nous restons dans ce bois jusqu'au 10 juin, départ dans la nuit du 10 au 11 vers minuit.

Le 17 juin arrivées à Epinal vers 16 heures, les voitures sont arrêtées sur la place des Vosges. Le soir nous nous dirigeons sur la caserne Bonnard. Nous y sommes fait prisonnier le 19 juin à 18 heures. La caserne subissait un bombardement intense depuis 14 heures: 5 à 6 hommes du 99° RAF sont blessés dont 2 grièvement. Nous sommes rassemblés et vers 20 heures dirigés sur Bains-les-Bains à 30 Km d'Epinal. J'évalue à 60000 le nombre de prisonniers qui se trouvent dans ce camp. Nous apprenons la signature de l'armistice.

Le 27 juin dirigés à nouveau sur Epinal départ à 4 heures le matin arrivés à 13 heures caserne Schneider. Je suis là au bloc B et nous formons le bureau du 2° étage avec l'adjudant-Chef Arlaud, le maréchal des Logis Chef Berthe et Petit Louis tous du 99°. Je retrouve un Givetois René Fichelet il vient au bureau avec nous. Nous restons comme celà jusqu'au 12 aoùt. Le 11 aoùt nous sommes rassemblés en vue de former des compagnies de travailleurs pour l'Allemagne.

Le 12 aoùt à 10 heures nous embarquons, départ vers 11 heures. Passage à Nancy, Toul, Commercy, Hérouvillr, Saint Mihiel, Verdun, Dun, Stenay, Mouzon, Pont-Maugis, Sedan, direction Belgique, Huno, Bertrix, nous sommes au Luxembourg vers minuit et touchons là un repas ( riz et viande de conserve). Nous passons par Mayence, Coblence, la vallée du Rhin. Arrivée à Nuremberg dans la nuit du 14 au 15 aoùt. Le matin à 7 heures descente des wagons, nous sommes dirigés vers le camp à 550 mètres environ. Nous restons dans ce camp 2 longs mois.

Le 17 octobre à 8 heures rassemblement en vue d'un départ fouille et attente sur le terrain jusqu'à 18 heures, ordre de rentrer dans les tentes pour la dernière nuit à Nuremberg.

Le 18 rassemblement à 6 heures départ du camp et embarquement à 8 heures, départ 9 heures arrivée au camp de Vilseck vers 11h30 (environ 80 Km de Nuremberg). Accueil favorable. Je suis classé à la 1° compagnie (200 hommes) il y a 3 compagnies de former. Travail sur la route et en carrière. Bonne nourriture saine.

Le 23 décembre, il y a 8 jours que nous sommes arrêtés: froid et neige.

 

 

 


    

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