LA RETRAITE DU 14 ET 15 JUIN 1940

 14 JUIN

Les Allemands attaquent la Ligne Maginot en Lorraine et dans la Sarre, ils entrent dans Paris, occupent St Dizier et poursuivent leur progression vers la Meuse où ils atteignent Sommeilles. Nouveau plan de l’EM de von Runstedt qui prévoit de couper la retraite des III° Armée (Condé) et V° Armée (Bourret) qui se dirigent vers le sud-ouest en lançant la 1°Pz vers Chaumont, Langres puis la Saône de façon à encercler les 500 000 h des armées de l’est. Ce plan est mis en place :  
                  Guderian vers le sud-est en direction de la frontière Suisse.
                  Reinhardt avec le 41° Korps vers Neuchâteau.
                  Kleist (qui entre à Troyes) est placé sous les ordres de Von Runstedt qui lui fixe comme objectif Dijon.

La XII° Armée suivra Guderian vers Chaumont en liaison avec la XVI°Armée qui attaquera Verdun par le nord.
II° Armée:
                    La 1°Pz prend possession de St Dizier. La 3° DINA (Gl Mast) percée en son centre est incapable de se reconstituer : compagnies, détachements…sont sans aucune liaison mais se battent avec vigueur et retraitent comme ils peuvent. La 6°DIC adossée à la forêt d’Argonne commence à fléchir alors que la 3°DIC tient la cote 304 et le Mort-Homme dans la région de Verdun et se bat contre un ennemi supérieur en nombre toute la journée. La situation est plus confuse sur la rive droite de la Meuse ou l’indiscipline règne dans les bataillons de forteresse de la DLB le 155°RIF cède à Vacherauville et se replie. Le 136°RIF a été encerclé au nord de Verdun. A Verdun l’atmosphère est celle d’une défaite on va abandonner la ville : destructions diverses par incendie, les ponts sont détruits. Dubuisson quitte la citadelle pour Lacroix-sur-Meuse, Flavigny ne recevant plus d’ordre exécutables de l’EM rencontre Carles pour lier les mouvements des 2 Corps d’Armée et décide étant le plus ancien qu’il lui appartient de diriger le groupement 21° Corps + Corps Coloniale. Pendant ce temps Freydenberg quitte Châteauvillain pour installer son EM à Boubonne-les-Bains sur les arrières de la III° Armée, il perd ainsi tout contact avec ses Corps d’Armée et la II°Armée n’est plus dirigée !Dans la nuit la 3°DINA se replie ainsi que la 6°DIC en créant une brèche sur le flanc de la 1°DIC dans laquelle s’engouffre Reinhardt.
III° Armée:
               
Condé quitte Metz pour installer son PC au sud de Nancy à Flavigny-sur-Moselle. L’aile droite de la III° est constituée par le 20°CA (Gl Hubert) qui subit l’attaque de 6 Divisions Allemandes qui laisseront sur le terrain 1200 morts (550 morts au 20° CA). Pour son flanc gauche Condé craint de voir les éléments de la II° Armée en retraite venir cisailler ses arrières, il obtient d’orienter sa retraite initialement prévue sud-ouest vers le sud et que les éléments de la II°Armée se retrouvant dans ses lignes passent sous ses ordres. En outre il tente d’organiser sa propre défense face à l’ouest sur une ligne Commercy-Chaumont en déplaçant les 149°RIF, 168°RIF et 164°RIF par voie ferrée.

15 JUIN

                 Le gouvernement se réfugie à Bordeaux.Les Allemands entrent à Langres et à Verdun la ville ayant été abandonnée les forts tomberont après un baroud d’honneur, ils attaquent sur le Rhin à Neuf-Brisach et franchissent le fleuve. Bourges est atteinte.
II° Armée:
                  Les Allemands après remise en état des ponts de Sermaize et Contrisson lancent les 8° et 6°Pz dans la trouée créée par le retrait de la 3° DINA. La 1°DIC attaquée sur ses arrières se bat et freine la progression des 6° et 8°Pz toute la journée. La retraite est difficile : la 6°DIC sera rejetée dans la zone du 21° CA alors que la 1°DIC atteindra la Meuse complètement épuisée. Après la chute de Verdun la 71°ID lance des éléments motorisés vers le sud qui vont se heurter à une ligne de résistance Dugny –le fort de Rozelier tenue par le 155°RIF et le 132°RIF. A l’EM les officiers font part de leurs états d’âme à Freydenberg face au risque d’être coupés des unités sur le terrain . Il accepte de remonter vers le nord par Lamarche, Vittel, Mirecourt  pour y retrouver Condé.
III° Armée:
                 Condé prend le commandement des éléments de la II° se trouvant au nord de Neufchâteau, Flavigny reçoit délégation pour faire sauter les ponts sur la Meuse et il doit s’entendre avec le 42°CA pour les itinéraires de repli sur la rive droite de la Meuse. Ordre d’opération n°19 de Prételat modifie l’axe de la retraite qui était le sud et devient sud-est vers Belfort. Condé doit constituer un front sur le canal de l’est et un autre sur la Moselle entre Epinal et Toul. Condé quitte Flavigny pour le fort de Girancourt où Bourret se trouve. Ce dernier souhaite anticiper la prise en charge de son armée mais Condé refuse. Prételat a installé son PC près de Lons-le-Sainier il est de ce fait incapable de donner des ordres aux armées menacés d’encerclement. Condé et Bourret se posent alors la question l’EM doit-il se rapprocher de Prételat ou partager le sort des unités engagés.
V° Armée :
               L’EM de l’armée stationne à Darney depuis la veille et se prépare à partir vers Digoin en Saône et Loire, l’ordre d’opération n°19 de Prételat prévoyant la prise en charge des unités par le général Condé à partir du 17 juin, le général Bourret étant placé en réserve de commandement. Les convois prennent le départ les uns derrière les autres et atteindront le midi de la France pour la plus part. Bourret se rend au fort de Girancourt vers Epinal. Au 12°CA le Lt-Cl Pichon à la tête de 5 groupes de cavalerie doit tenir face à l’ouest les passages de la Moselle de Charmes à Epinal avec des reconnaissances vers Mirecourt en liaison au nord avec le 6°CA et au sud avec un groupement commandé par le Chef d’Escadron de Saint-Sernin dont le PC est à Xertigny.
VIII° Armée:
Barrages sur la Saône :
                 Dans cet ordre de l'EM il est également prévu de constituer un front sur la Saône commandé par Freydenberg ce qui va lui donner l’occasion de reprendre la direction du sud sans tarder, on ne saura jamais s’il avait réellement décider de rejoindre ses unités! En application des instructions de Prételat le transport des troupes est en cours par voie ferrée au départ du secteur de Haguenau destination Chaumont. Cette future division est confiée au colonel Regard, malheureusement la course Panzers-Voie ferrée est perdue d’avance : les cheminots alsaciens feront bien partir rame après rame les bataillons et régiments d ‘artillerie devant arrêter Guderian mais les trains n’arriveront pas aux destinations prévues. La division Regard est dispersée avant d’avoir existée. Le156°RAP et le 69°RAP sont débarqués à Bourbonne-les-Bains . C’est la pagaille à l’EM de la II° qui ne sait quoi faire de ces unités, finalement ils sont dirigés sur Gray. Une partie du 79°RIF s’arrête près de Luxeuil où il engagera le combat, une autre partie ne dépassera pas la vallée de La Bruche et liera son sort au 43°CA, une autre sera bloquée à Remiremont alors que la colonne automobile atteindra le Lot-et-Garonne. A la VIII° Armée qui doit faire face à l’offensive sur le Rhin, le Général Laure comprenant que l’avance allemande peut menacer ses arrières confie au colonel Duluc (commandant des chars) la mission d’établir des barrages sur la Saône Duluc installe son PC à Vesoul, il dispose théoriquement du 5°régiment de chasseurs polonais (5°RCP) du 6° bataillon de chasseurs pyrénéens (6°BCP) et du 16°BCC (bataillon de chars) et quelques batteries du 403°régiment de DCA .
                   13° Batterie(Cap de Chillaz) pour Port-sur-Saône.
                   14° Batterie(Cap Desroches) pour position à l’est de Vesoul.
                   15° Batterie(Cap Douzon) pour position sud de Lure.  

                    En réalité les forces arriveront sur leur emplacement dans la journée, elles sont disposées pour tenir en priorité l’axe Port-sur-Saône, Vesoul, Belfort. Le génie prépare la destruction des ponts mais tous ne seront pas détruit par manque de personnel ou d’explosif. De nombreux combats vont se dérouler dans la nuit vers Gray où une compagnie du 6°BCP se trouve au prise avec les blindés du Gl Kirchner car les Allemands visent surtout la frontière Suisse. Le pont de pierre saute en début d’après-midi devant les premiers éléments motorisés mais les Allemands traversent la Saône sur des canots pneumatiques sans grosse difficulté et occupent Gray car les défense française est trop légère. Pour faire passer les panzers sur la rive gauche les Allemands découvrent que le pont de Quitteur est intact à 15 Km au nord. L’occupation de Gray bloque tous les convois qui se dirigeaient vers le sud par route ou voie-ferré. A quelques Km de Quitteur un convoi d’artillerie est bloqué comprenant une batterie du 26°RA, les canons seront débarqués et mis en position pour défendre le pont de Quitteur à 23 heures l’installation est terminée sans aucune liaison avec la compagnie du 5°RCP affectée à ce secteur ! A Pontailler le pont saute devant les premiers éléments motorisés.

POUR ACCEDER DIRECTEMENT AU 16 ET 17 JUIN

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site